NAISSANCE D’UN ARTISTE

Etienne Daho est né le 14 janvier 1956 à Oran, de parents d’origine bretonne. Son père est militaire dans l’armée française. Il rejoint Rennes dans les années 60 avec sa famille.

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Après ses études secondaires, Etienne Daho entre à l’université pour étudier l’anglais. Pour gagner un peu d’argent, il est surveillant dans un internat. Il est depuis longtemps mordu de musique et rêve de rencontrer les chanteurs de son groupe préféré les Stinky Toys.

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Grâce à ses petites économies, il réussit à organiser un concert et fait la connaissance de Jacno et Elli Medeiros qui le persuadent à écrire et à chanter. Cette rencontre marque le début d’une longue amitié et de quelques collaborations professionnelles.

Avec son groupe, Entre les Deux Fils Dénudés de la Dynamo , il participe aux premières transmusicales de Rennes puis récidive en 1980, avec les musiciens de Marquis de Sade et 5 chansons. La même année, il enregistre son premier 45 tours : Cow Boy.

MYTHOMANE/ LA NOTTE LA NOTTE…

Sa carrière démarre  avec la rencontre d’Arnold Turboust, auteur, compositeur et musicien de talent.. Il est alors remarqué par la toute jeune maison de disque Virgin, (à l’époque Etienne Daho est le tout premier artiste français signé par la maison de disques) il signe un contrat dans la foulée et enregistre son premier album « Mythomane ».

En dépit d`un très mince succès commercial, les critiques sont excellentes. Un public peu nombreux mais fidèle et passionné, commence alors à se former. Il donne son premier concert parisien le 21 juin 1982 lors de la Fête de la Musique, grande manifestation annuelle en France.

En décembre 82, sort un nouveau 45 tours, « Le grand sommeil ». C`est un énorme succès. Le public remarque cette fois le jeune chanteur. Daho décide alors d`écrire les titres d`un deuxième album aidé d`Arnold Turboust et de Franck Darcel. En mai 1984, sort un 33 tours, « La Notte la Notte », accompagné d`un 45 tours, « Sortir ce soir ». L`album est un succès immédiat. Etienne Daho devient une véritable vedette apportant du sang neuf à la chanson française. Les journaux s’emparent de ce jeune Rennais.1985: « Tombé pour la France », premier tube. En septembre, Virgin met en vente le deuxième 45 tours extrait de l`album, « Week-end à Rome ». Ce 45 tours marque le début d`une longue série de succès commerciaux qui connaît un premier sommet lors de la sortie du 45 tours « Tombé pour la France » en mars 1985.

Sous le nom de « Etienne Daho e Grupo », une tournée commence le 5 mars, et fait escale à l`Olympia le 18 devant un public conquis. Puis, en octobre, Françoise Hardy, décerne à Etienne un premier disque d`or pour « La Notte la Notte ». Dans cet album, Daho réalise son rêve de petit garçon en chantant avec la chanteuse, le duo « Et si je m`en vais avant toi ». L`année d’aprés, il écrit à deux mains (avec Jerome Soligny ) une biographie concernant Françoise Hardy, « Superstar et ermite », publié en 1986. En 1986, se développe la « Dahomania » Etienne est désormais le chef de file de la mouvance pop française des années 80.

POP SATORI

Agé de 29 ans, Daho part enregistrer à Londres un nouvel album. Sans Franck Darcel, mais toujours accompagné d`Arnold Turboust, Etienne produit tout son album, avec sans oublier quand même William Orbit au mois d’avril, sort « Pop Satori », en même temps le 45 tours, « Epaule Tattoo ».

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La tournée qui suit confirme l`énorme succès de cette pop élégante et ambitieuse.

De passage sur la scène de l`Olympia pour huit soirées du 21 au 29 octobre avec Elli Medeiros en première partie, la tournée se termine en beauté à Rennes le 9 décembre.

La même année, Etienne Daho est  invité par le jeune réalisateur Olivier Assayas, pour faire une petite apparition dans son film « Désordre ». Il en écrit d`ailleurs une des chansons avec Franck Darcel, « Soleil de minuit ». En avril 87, après avoir reçu un European Video Award pour le clip de « Epaule Tattoo »,

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Etienne Daho sort « ED Collection », album qui réunit des inédits, des faces B et des titres remixés. Cette année-là, il fait une autre apparition courte au cinéma, dans le film de Virginie Thévenet, « Jeux d`artifice ». Mais surtout, il se lance de plus en plus dans la production de jeunes artistes dont, en 87, Robert Farel, les Max Valentins et la chanteuse Dani, et en 88, l`album « Three months… » de l`Anglais Bill Pritchard. De plus, il écrit pour d`autres artistes dont en 1988, Daniel Darc (ex-membre de Taxi Girl) et surtout Françoise Hardy (« Laisse-moi rêver »).

POUR NOS VIES MARTIENNES

De nouveau à Londres pour écrire son album, « Pour nos vies martiennes », qui sort le 1er juin 1988. Illustré d`une couverture signée du peintre Guy Peelaert (qui a crée des pochettes pour les Rolling Stones ou David Bowie), l`album est disque d`or le jour de sa sortie (100.000 exemplaires).

La tournée, le « Tour martien », réunit 200.000 spectateurs en quatre mois de janvier à avril 1989. Du 20 au 26 janvier, il s`installe au Zénith à Paris. Parfois, il est rejoint sur scène par quelques amis dont Lio, Jérôme Pijon ou Edith Fambuena (des Max Valentins). La tournée s`achève sur la prestigieuse scène du Marquee de Londres le 21 avril. 1989 : Live ED Une fois la tournée terminée, sort le 1er octobre 89, un album enregistré en public au Zénith, « Live ED » et se vend très vite à près de 250.000 exemplaires. En 1989,  il partage un duo avec Chris Isaak dans le court-métrage de Bertrand Fèvre, « Tant pis pour l`Idaho ».

PARIS AILLEURS

En 90, il continue à écrire pour d`autres (Mercedes Audras, Arnold Turboust) et à produire (les Valentins, Sylvie Vartan, Lio). Ces activités d`écriture et de productions, occupent Etienne Daho jusqu`en 1991, année durant laquelle il prépare son nouvel album. Etienne Daho choisit New York qu`il a découvert avec ses amis du groupe les Comateens.

Passionné de musique américaine (Blondie, Television, le Velvet Underground ou tout le répertoire noir-américain du label Motown), il s`installe donc en juin 91 dans un petit appartement de Greenwich Village, à deux pas du studio,

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avec la musicienne Edith Fambuena qui co-produit l`album avec lui, elle assure également toutes les parties de guitare.

Pour les choeurs, Daho fait appel à des chanteuses de gospel qui participent à accentuer le côté soul de l`album. Après un enregistrement difficile (il y a même eu le feu dans les studios !), l`album est mixé à Paris. Attendu depuis trois ans par son public, ce disque est différent, plus mature que son précédent travail. D`ailleurs, Etienne Daho présente cet album comme un disque d`amour, un disque très autobiographique. Avant même sa sortie le 9 décembre 1991, l`album est déjà déclaré disque d`or. Dans l`année qui suit, les cinq premiers titres sont tous des tubes, le premier « Saudade », chanson inspirée de son amour … pour la capitale portugaise, Lisbonne.

Les critiques sont excelllentes et certains parlent de chef-d’œuvre et le comparent à Serge Gainsbourg.

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Parallèlement à ce succès, son premier album, « Mythomane », devient disque d`or dix ans après sa sortie. En 92, « Paris ailleurs » est certifié disque de platine avec plus de 500.000 exemplaires vendus. Juste avant sa grande tournée de fin d`année, Etienne Daho monte un projet qui lui tient à coeur. Il convie de nombreux artistes français à enregistrer un album au profit de la lutte contre le sida. C`est le double album « Urgence » qui réunit vingt-sept des plus grands noms de la chanson française parmi lesquels Jean-Jacques Goldman, Michel Jonasz, Francis Cabrel, Alain Souchon, Jane Birkin, Françoise Hardy ou Patricia Kaas dans une reprise de « La Vie en rose ».

Enfin, à partir du 3 octobre 1992, démarre le « Tour Paris Ailleurs ». Devant le succès de ses quatre concerts du Zénith entre le 10 et le 13 octobre, Daho est de retour dans la capitale les 13 et 14 décembre à l`Olympia. Puis en 1993, la tournée prend le large avec un programme qui prévoit la traversée de quatorze pays essentiellement européens, à l`exception du Canada et du Japon. Du 11 mars au 24 juillet, Etienne Daho constate sa popularité hors des frontières. Il s`arrête cependant au festival des Francofolies de la Rochelle le 17 juillet durant lequel il est programmé le même soir que Jacques Dutronc. Trois jours plus tard, c`est avec Iggy Pop qu`il partage la scène du festival de Nyon en Suisse.

Extrait d`une compilation dans laquelle de jeunes chanteurs et groupes de rock français reprennent de vieilles chansons du patrimoine national, le titre « Mon manège à moi », repris par Daho, obtient un franc succès dès sa sortie et stationne plusieurs semaines en tête des classements de vente. On retrouve d`ailleurs ce titre sur « Daholympia », qui sort début 94.

En 1994, Daho se consacre à nouveau aux artistes qu`il aime. Il produit l`album de Jacno (qui fut son premier producteur), « Faux témoin », puis celui de Brigitte Fontaine, « Genre Humain ». Il travaille sur une compilation des meilleurs titres de Elli et Jacno, produit Arnold Turboust sur son propre label, Satori Song, écrit pour Guesh Patti, et à nouveau pour Sylvie Vartan (« Quelqu`un qui me ressemble ») et enfin pour Jacques Dutronc (« Tous les goûts sont dans ma nature »), titre qu`il chantera en duo avec lui.

RESERECTION

Etienne (vivant à Londres…) malgré certaines rumeurs concernant sa mort répond par un mini album, « Reserection », conçu et enregistré en Angleterre avec le groupe St Etienne et qui sort en octobre. Parmi les cinq titres de l`album, on note une version anglaise de « Week-end à Rome », renommée « Accident » ou « He`s on the phone », qui fait un malheur outre-Manche.

Etienne Daho est à cette occasion invité dans la légendaire émission de télévision britannique sur la BBC, « Top of the pops » et partage l`affiche ce jour-là avec Oasis, et David Bowie. Désormais, Etienne vit le plus souvent à Londres, il se remet au travail pour un nouvel album. A la production, Arnold Turboust.

EDEN

C`est à la veille de ses 40 ans, le 4 novembre 1996, que sort le simple, « Au commencement ». Deux semaines plus tard, le 18, suit l`album, « Eden », dont la superbe pochette représente un Etienne Daho au visage épanoui et bronzé sur une plage de l`Atlantique. Intégrant les nouvelles influences musicales des années 90, Etienne  nous fait découvir une autre facette de ces possibilités musicales.

Sa musique est plus que jamais aérienne et dansante, mélodique et gracieuse. Quant aux textes, Etienne Daho privilégie une nouvelle fois le thème de l`amour fou. Il s`est entouré d`amis pour des duos ou pour les choeurs, (Sarah Cracknell de St Etienne, Elli Meideiros, Lyn Byrd et surtout Astrud Gilberto, grande figure de la bossa nova brésilienne, pour le titre « Les Bords de Seine »).

Dans l`année, il participe à une nouvelle expérience au Théâtre Molière à Paris, où il chante un texte de l`écrivain Jean Genet, « Le Condamné à mort », dans un spectacle auquel participe aussi la comédienne Jeanne Moreau.

A l`automne, Etienne Daho entame une tournée, le « Kaleidoscope Tour » et se produit quatre jours à l`Olympia .Après quatre ans d`absence sur scène, Daho revient avec un spectacle aux couleurs techno-pop.

DAHO SINGLES/CORPS ET ARMES

A la fin de l`année, Daho retrouve les premières pages de l`actualité musicale pour un album de ses meilleurs titres qui célèbre ses 20 ans de carrière.

L`album paraît le 9 novembre accompagné d`une compilation de ses vidéos clips.

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Le 18 avril 2000, Etienne Daho augmente sa discographie d`un nouvel album, « Corps et armes ». Etienne présente ce CD comme plus proche de lui, plus sobre, allant vers l`essentiel. En co-réalisateurs, les Valentins. L`amour est définitivement l`inspiration numéro un de Daho qui revendique un certain élan autobiographique dans l`écriture de ces dernières chansons.

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S`il vit à cheval entre Londres et sa maison de Montmartre, c`est pour pouvoir se laisser des plages de solitude indispensables à son équilibre et pour recoller au quotidien, perdu de vue avec la célébrité.

Etienne Daho démarre une tournée en novembre (« Tour de l`été sans fin ») avec un passage de six jours à l`Olympia à Paris. En première partie, il a convié la chanteuse américaine Vanessa Daou, qui partage déjà un duo avec lui sur l`album (Make Believe). La tournée parcoure la France et la Belgique jusqu`au 20 décembre. Elle reprend en mars et traverse quelques festivals d`été comme le festival de Fourvière à Lyon le 7 juillet ou celui de la Côte d`Opale le 19.

DAHO LIVE

En octobre 2001, Daho publie un enregistrement live réalisé en Belgique lors de cette tournée. Sur les 22 titres, on retrouve outre ses succès, un duo avec la chanteuse Dani « Comme un boomerang ». La chanson inédite de Serge Gainsbourg grimpe dans les hits-parades: 250.000 exemplaires vendus, nominée aux Victoires de la Musique (février 2002).

En 2002, Etienne compose avec Les Valentins « The pleasure song » pour Marianne Faithfull ; toujours branché, il écrit et interprète « If » sur le premier album des producteurs parisiens à la mode Ginger Ale (« Laid back »).

REEVOLUTION

Le 4 novembre 2003 :
Etienne Daho revient avec un 9ème album studio enregistré avec les musiciens de sa dernière
tournée, pour prolonger ces moments forts et joyeux vécus en public.

L’album tire son titre de la chanson « Réévolution » dans laquelle Etienne appelle à mener le combat pour un monde meilleur (« debout et le poing levé »), ) pour retrouver l’esprit critique de la contre-culture. « Réévolution » c’est le rassemblement de trois souhaits d’Etienne en cette période de crise (depuis le 11 septembre 2001, la guerre en Irak…) : Rêve, évolution et révolution.

Etienne Daho nous livre ici des titres pop-rock efficaces en redonnant la parole aux guitares et aux percussions, s’inspirant certainement de groupes britanniques comme Coldplay qu’il aime particulièrement.

Et au-delà de ce nouvel enrobage musical, les textes sont de petits bijoux, ciselés à la perfection, parfois sombres et mélancoliques, parlant surtout d’amour .Très bonne surprise : la reprise en duo avec Charlotte Gainsbourg du titre « If » qui figurait sur l’album Ginger Ale, lui permet de rendre un bel hommage à Serge Gainsbourg, maître des allitérations (l’exercice de style consistant à n’utiliser que des mots comprenant la syllabe « if »).

La seconde invitée de l’album n’est autre que Marianne Faithfull qui lit un extrait de « La vénus à la fourrure », de son Aïeul Sacher-Masoch, sur « Les liens d’eros ». Et c’est une des chansons préférées d’Etienne sur cet album.

Le « Réévolution tour » qui démarre en 2004 est une petite tournée (17 dates en France en mars et juin, plus une étape à Bruxelles) mais le public est toujours là. Les six concerts à Olympia, Paris du 23 au 28 mars, notamment, sont complets.

Les collaborations se multiplient : Etienne chante en duo avec Jane Birkin « La grippe » (une reprise de Brigitte Fontaine et Jacques Higelin) sur son album « Rendez-vous »  avec Elsa, il chante « L`or et la poussière »sur l`album « De lave et de sève » ; il interprète un titre sur l`album de son bassiste Mars (« Dragonfly » écrit par Frank Darcel. Preuve que les chansons d`Etienne Daho entrent dans le patrimoine musical et pas seulement français : la chanteuse espagnole Luz Casal reprend « Duel au soleil », qui devient « Un nuevo dia brillara », numéro 1 des passages radio en Espagne en octobre 2004.

SORTIR CE SOIR

Sortie de l’album  » Sortir ce soir « , un best of live et d’un DVD live 2004 avec l’intégrale de la tournée Réévolution Tour :  le 14 mars 2005. Cette captation de la dernière tournée s’inscrit donc dans la lignée des deux précédents albums live : Daholympia et le double-CD Daholive . Et, comme toujours, la magie opère : la voix qui susurre sur un fond pop-rock fait son effet et on frissonne comme si l’on était dans la salle. Dès Des attractions désastres, le titre d’ouverture, le ton est donné : Etienne Daho, c’est de l’énergie sur scène au service de textes à l’écriture subtile, et de mélodies tour à tour insouciantes et mélancoliques.

L’enchaînement des chansons joue beaucoup sur les changements de climats. Les orchestrations sont acoustiques et dépouillées pour les morceaux plus lents (avec une formidable interprétation de Comme un boomerang qui sublime le texte de Gainsbourg) et beaucoup plus rock pour les chansons dynamiques (dont Sortir ce soir , qui nous ramène vingt ans en arrière, aux débuts de sa carrière).

À l’émotion succède la fièvre passionnée : on a ainsi une excellente occasion de découvrir ou de redécouvrir le répertoire d’un Daho qui marque de sa touche personnelle tout ce qu’il chante, y compris les textes qu’il n’a pas écrits. On en oublierait presque que Mon manège à moi a été créé par Édith Piaf.

Chacune des plages nous offre donc un tube revisité adapté à la scène et au talent de l’artiste. Mais, au-delà d’un catalogue de succès, on conserve avec l’album Sortir ce Soir le charme ambigu des textes et de la voix de Daho, et ce jusqu’à la subtile conclusion du concert par un Week-end à Rome acoustique.

L’INVITATION

Ce disque a été enregistré entre Paris, Londres, Barcelone et Ibiza en Espagne. Il a été produit par Daho et Edith Fambuena, l’ancienne moitié du groupe Les Valentins, déjà présente sur « Paris Ailleurs » en 1991.
« L’Invitation » contient onze morceaux. Tous les textes sont signés par Daho, à l’exception de « Toi, jamais toujours », écrit par Brigitte Fontaine. Les chansons ont été composées avec Nicolas Dubosc, Xavier Geronimi, Jérôme Soligny, Edith Fambuena et son ancien complice des Valentins Jean-Louis Pierot.
« Le point de départ de cet album est le tumulte et les ruptures brutales, douloureuses, mais nécessaires. Ensuite vient l’apaisement. C’est comme un cycle inexorable qui nourrit tous mes disques, mais cette fois-ci de manière plus intense ».
La tonalité des textes est introspective et Daho y dévoile une part de son intimité, mais sans impudeur et avec l’élégance qui le caractérise.
Ainsi, dans l’émouvant « Boulevard des Capucines », il écrit du point de vue de son père qui, militaire, avait abandonné sa famille pendant la guerre d’Algérie. Et « Cap Falcon », empreinte de spiritualité, porte le nom d’un endroit qui était cher à son coeur durant son enfance à Oran.
Musicalement, « L’Invitation » est un disque lumineux et extrêmement bien produit, qui, par moments, peut évoquer l’album du Velvet Underground et Nico, influence commune de Daho et Edith Fambuena.

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La pop s’y enrichit de couleurs musicales multiples, comme le flamenco sur la chanson-titre ou la soul, avec les cordes d' »Obsession » et de « L’adorer ».
Les arrangements ont été confiés à l’Anglais David Whitaker, qui, par le passé, a travaillé avec les Rolling Stones, Serge Gainsbourg, Marianne Faithfull, Lee Hazlewood ou Nico.
L’édition de luxe de « L’Invitation » est agrémentée d’un maxi de cinq reprises de Fred Neil (« A little bit of rain »), Hank Williams (« I can’t escape from you »), Pink Floyd (« Cirrus minor »), Smokey Robinson (« My girl has gone ») et Billie Holiday (« Glad to be unhappy »).
Issu de la scène rock et new wave rennaise de la fin des années 70, amoureux de la musique des années 60, Etienne Daho s’est établi dans les années 80 comme le chef de file de la pop hexagonale.
En novembre 2006, il avait fêté les 20 ans de son album culte « Pop Satori » (avec les tubes « Epaule Tattoo », « Tombé pour la France » ou « Duel au soleil ») en l’interprétant en intégralité à L’Olympia à Paris lors du festival des Inrocks. Quelques jours après, il avait été fait officier dans l’ordre des Arts et des Lettres.
Daho entamera le 13 mars 2008 une tournée de près de 40 concerts dans des salles de taille réduite, qui s’achèvera par six Olympia du 3 au 8 juin.
Enfin, il a concocté la programmation d’une émission spéciale que diffusera France 4 le 15 décembre, où il recevra notamment Air, Bat for Lashes, Françoise Hardy, Benjamin Biolay, Elli Medeiros (dont il a co-réalisé l’album l’an passé), Jarvis Cocker ou Jane Birkin.