Diskönoir Tour Dates

  • PARIS –  Cité de la Musique – Mardi 1er juillet – Etienne Daho joue Pop Satori
  • PARIS –  Cité de la Musique – Samedi 5 juillet  – Etienne Daho Pop Hits
  • PARIS – Salle Pleyel – Mardi 8 juillet – Tombés pour la France
  • VELIZY VILLACOUBLAY (78)- L’onde, le jeudi 25 septembre 2014
  • GAP (05) – Le Quatro, le samedi 27 septembre 2014
  • CHALONS EN CHAMPAGNE (51) – Le Capitole, le jeudi 02 Octobre 2014
  • LILLE (59) – Théâtre Sebastopol, le vendredi 03 Octobre 2014
  • BETHUNE (62) – Théâtre, le samedi 04 Octobre 2014
  • MEAUX (77) – Théâtre du Luxembourg, le mardi 07 Octobre 2014
  • NANCY (54) – Salle Poirel, le jeudi 09 Octobre 2014
  • THIONVILLE (57) – Théâtre, le vendredi 10 Octobre 2014
  • SAUSHEIM (68) – Espace Dolfus & Noack, le samedi 11 Octobre 2014
  • RUEIL MALMAISON (92) – Théâtre André Malraux, le jeudi 16 Octobre 2014
  • ESCH SUR ALZETTE (LUX) – Rockhal, le vendredi 17 Octobre 2014
  • STRASBOURG (67) – La Laiterie, le samedi 18 Octobre 2014
  • LIEGE (BE) – Le Forum, le jeudi 30 Octobre 2014
  • BRUXELLES (BE) – Cirque Royal, le vendredi 31 Octobre 2014
  • PARIS DU 3 AU 6 NOVEMBRE à L’OLYMPIA 
  • MARSEILLE (13) – Le Silo, le jeudi 13 Novembre 2014
  • CANNES (06) – Palais des Festivals, le vendredi 14 Novembre 2014
  • SAINTE MAXIME (83) – Le Carré, le samedi 15 Novembre 2014
  • ANNEMASSE (74) – Château Rouge, le mercredi 19 Novembre 2014
  • GRENOBLE (38) – MC2, le jeudi 20 Novembre 2014
  • BOURG LES VALENCE (26) – Théâtre le Rhône, le vendredi 21 Novembre 2014
  • CLERMONT FD (63) – Coopérative de Mai, le samedi 22 Novembre 2014
  • ROUEN (76) – Le 106, le mardi 25 Novembre 2014
  • SAINT LÔ (50) – Le Normandy, le jeudi 27 Novembre 2014
  • NANTES (44) – Cité des Congrés, le vendredi 28 Novembre 2014
  • TOURS (37) – Le Vinci, le samedi 29 Novembre 2014
  • MONTCEAU LES MINES (71) – L’Embarcadère, le mercredi 03 Décembre 2014
  • FIRMINY (42) – Le Firmament, le jeudi 04 Décembre 2014
  • LYON VILLEURBANE (69) – Le Transbordeur, le vendredi 05 Décembre 2014
  • MORGES (CH) – Théâtre de Beausobres, le samedi 06 Décembre 2014
  • LES SABLES D’OLONNE (85) – Les Atlantes, le mardi 09 Décembre 2014
  • NIMES (30) – Le Paloma, le jeudi 11 décembre 2014
  • TARBES (65) – Le Parvis, le vendredi 12 Décembre 2014
  • SEIGNOSSE (40) – Les Bourdaines, le samedi 13 Décembre 2014
  • BREST (29) – Le Quartz, le mardi 16 décembre 2014
  • TOULOUSE (31) – Le Bikini, le jeudi 18 Décembre 2014
  • BORDEAUX (33) – Théâtre Fémina, le vendredi 19 Décembre 2014
  • RENNES (35) – Le Liberté, le samedi 20 Décembre 2014

FESTIVALS ETE 2015 – Dates annoncées

  • LA ROCHELLE – Les Francofolies – le vendredi 10 Juillet 2015
  • ALBI – Pause Guitare – le samedi 11 Juillet 2015
  • ARGELES-SUR-MER – Les Déferlantes – le dimanche 12 Juillet 2015
Réservez vos places

Life in a Tourbus

Via son site officiel et sa page FaceBook, Etienne nous livre périodiquement ses impressions de ce fabuleux Diskönoir Tour

Retrouvez ici l’intégralité de ce TourBus

23 décembre

Bye Bye Diskönoir !!!!!

Merci merci merci à toutes celles et tous ceux qui sont venus nous rejoindre pendant cette folle tournée. Des souvenirs lumineux, inoubliables grâce à vous. Amour. Etienne

Brest-Toulouse-Bordeaux-Rennes (16-18-19-20 décembre)

Dernière semaine. Ce matin je prends l’avion pour Brest. Je reçois un message de Debbie Harry qui est aussi à l’aéroport. Elle jouait avec Blondie hier soir à Paris. Dans la salle d’attente pour Brest, bonne surprise, je retrouve Antoine Carlier et Thomas Robin qui viennent filmer des moments de cette semaine pour le documentaire pour Arte. En arrivant à la salle du Quartz, plein de souvenirs me reviennent en mémoire. La dernière fois que j’étais ici, c’était pour « Le condamné à mort » avec Jeanne Moreau. Souvenirs merveilleux et drôles avec le recul. La colère de Jeanne qui ne voulait pas dormir à Roscoff et faire de la route après le concert, car il y avait une tempête de neige. La chute que je lui ai évitée dans un escalier et qui aurait pu lui être fatale. Frémissement d’horreur rétroactif. Edith est là pour la semaine et intervient tous les soirs sur « Saudade ». Ce soir j’ai le trac. Ma voix commence à fatiguer avec ce rythme et sais que le public ici est difficile. Pourtant la salle est chaude et nous porte haut une fois de plus. Le concert est nerveux. Les musiciens sont vraiment des tueurs. Nous commençons bien la semaine. Après le concert je retrouve Mars mon ancien bassiste. Joie de le revoir. Il m’offre une version hand made de son nouvel album « Bienvenue dans l’espace ». Miossec est aussi venu nous voir. Je l’aime beaucoup, mais il y a trop de monde backstage pour communiquer.
J’aperçois aussi Christophe Mevel et Cyril Pansal des HF 90. Au moment où j’ai chanté « Il ne dira pas » je leur ai adressé une dédicace spéciale pour avoir repris génialement et intégralement mon premier album « Mythomane ». On me remet aussi une enveloppe avec des photos de moi, pré Mythomane, dans une fête foraine à Rennes. A l’intérieur, un petit mot. J’appelle, reconnection. A l’hôtel un documentaire dément sur les couples mixtes de soldats noirs américains et de femmes allemandes pendant la dernière guerre. Le discours de Martin Luther King me retourne toujours. Pourtant ce qui s’est récemment passé avec Eric Garner, montre que l’évolution en la matière n’est que superficielle. C’est flippant.

Avions Brest Paris et Paris Toulouse. Travel day et jour off ultra bienvenu à Toulouse.
Le lendemain nous jouons au Bikini. J’adore cette salle. Le patron Hervé est hyper accueillant et chaleureux. Marc Desse qui assure la première partie m’offre son album en vinyle. Il y a dessus cette chanson que j’adore « Ma fiancée ».
https://www.youtube.com/watch?v=1-DA841pgsw
Le concert est dément. Salle debout et public ultra chaud. Le concert passe en deux secondes. Inoubliable. Backckstage, je retrouve celui à qui je dois beaucoup, Hervé Bordier. Il a créé les Transmusicales et c’est lui qui m’a poussé de force sur la scène des Trans en 1980. C’est vraiment là que tout a commencé pour moi. Laurie me remet une enveloppe. A l’intérieur, une lettre d’un de mes amis d’enfance, François. Avec Benoît, son frère jumeau et moi, nous nous sommes fabriqués dès le plus jeune âge, un bagage culturel qui nous a façonné pour la vie. Sa lettre me met en joie. Bien entendu et c’est tout lui, même pas un numéro de téléphone pour pouvoir le joindre. C’est à la fois un oubli (?) sublime et c’est aussi frustrant de ne pas pouvoir l’appeler. Il y a aussi ce disque dans l’enveloppe. Une compilation du Velvet Underground, pochette avec la bouteille de Coca, qui est le disque d’origine, que nous écoutions en boucle, avant de pouvoir nous procurer celui avec la banane de Warhol.
https://www.youtube.com/watch?v=CrRVaYF-O4U
Cette tournée ne cesse de me reconnecter avec le meilleur de mon passé , comme pour annoncer un cycle nouveau. Après le show, Hervé le patron, nous invite à prendre un verre, mais je me connais. Je sens que je peux vraiment glisser ce soir et il reste encore deux concerts importants à assurer. Je file à l’anglaise.

Les musiciens me manquent. Nous partons en bus tous ensemble à Bordeaux. Nous avons un nouveau chauffeur, suite à un incident survenu à Seignosse. Le chauffeur, gêné par les fans qui entouraient le bus et aussi par l’absence de lumière, a embouti un stand de débit de boissons, sans que les musiciens et moi, à l’intérieur du bus, nous en rendions compte. Arrivée à Bordeaux et direction le théâtre Femina, ou nous sommes superbement accueillis par Yohann. C’est Fandor qui assurera la première partie et qui se taillera un beau succès. Fandor m’offre un 45 tours hand made et ses albums. Pour rendre hommage à la pochette de mon album « La Notte, La notte ».. , le groupe porte une marinière sur scène. Une délicatesse vraiment super sweet.
https://www.youtube.com/watch?v=YIWvYGgpP-U&spfreload=10
Le théâtre est très beau, mais à la balance, le son nous fait craindre le pire. Trauma de Nancy. Damien Bertrand et moi n’en menons pas large.Mais dès les premiers coups de cymbales, on sent que le show va être dément. Tout est d’une fluidité incroyable et il règne une ambiance de fête. Nous avons une ovation dès le premier titre et cela jusqu’à la fin du show. Vraiment l’un des meilleurs souvenirs de la tournée. Nuit à Bordeaux. j’aurais préféré prendre le bus de nuit avec les musiciens, mais si je ne dors mal dans le bus, le show à Rennes s’en ressentira.

Pour arriver à Rennes, nous devons prendre deux avions. Le Paris Bordeaux est en retard. Je commence à m’angoisser. Je regrette de ne pas avoir pris le bus. Heureusement le Paris Brest est aussi en retard et nous arrivons ras les fesses à choper la correspondance.. Enormes turbulences et petit avion à hélices. Trop de stress de ne pas arriver à temps à la balance. Alexis me calme. Je n‘ai pas eu le temps de manger quoi que ce soit depuis ce matin. J’arrive à Rennes rincé et affamé. Petite pause avant le soundcheck. La salle du Liberté est très grande. C’est là ou on remettait des prix aux écoliers quand j’étais enfant. J’avais eu deux prix deux années de suite pour avoir été 3ème toute l’année. Il y a une grande effervescence autour de ce concert et ça me met une grosse pression. En plus il y a famille, profs, amis d’enfance, amis musiciens à la dent dure, exs, etc.. Trac. Trac Trac. Le soundcheck se passe bien. Nous sommes rejoints par Philippe Pascal pour répéter « Chelsea Girls » de Nico. C’est lui qui a eu cette belle idée. Nico est une partie de notre lien, de notre culture commune.
https://www.youtube.com/watch?v=IBj_uN7j1MQ

C’est un moment intense de faire ce duo avec lui. En une répétition, c’est plié. Avant le show, toute l’équipe se retrouve pour boire du champagne et fêter cette fin de tournée. Personne n’a l’air d’avoir envie de croire à cette fin. Je n’ai pas non plus envie de me laisser engloutir dans des émotions nostalgiques avant ce show. Laurie à ramené le double vinyle de « Diskönoir » pour le faire signer à tout le monde. Il est superbe. Cette photo de Richard Dumas est une tuerie. Ce soir le groupe de Frank Darcel, Republik, ouvre le show et remporte un bon succès. Retrouver Frank est un moment fort.
https://www.youtube.com/watch?v=H11mgK_Uft4
La salle est blindée. Le public vraiment dément et chaleureux, bouge comme les vagues de l’océan. Au moment des rappels, Philippe Pascal vient me rejoindre sur scène. Stupeur dans la salle. Le moment est rare et inattendu. Nous attaquons la chanson. Je l’observe, spectateur du moment. Il a toujours eu cette magie magnétique. Un moment symbolique inoubliable pour moi. Avoir à la fois Frank Darcel et Philippe Pascal, 30 ans après Marquis de Sade, sur la même scène, est un genre d’exploit. Nous allons ensuite tous célébrer cette soirée à l’Ubu ou je retrouve tous mes proches, les musiciens et l’équipe technique. Une partie de la scène rennaise est là. Outre Philippe Pascal et Frank Darcel, il y a Dargelos (Les Nus), Dominic Sonic, Sergeï Papail (Frakture), Daniel Paboeuf, Xavier Géronimi, Jean Louis Brossard, Béatrice Macé des Trans, etc… Lou Lesage, toujours aussi sublime, fait un super DJ set, mais tout le monde reste agglutiné au bar. A trois heures du mat, le bus repart à Paris. Avec les musiciens, nous avons du mal à réaliser que c’est fini. Nous continuons sur la lancée et arrivons à Paris en ayant dormi 14 secondes. Je récupère toutes mes affaires, vêtements de scène, valises, cadeaux (entre autres le super bouquin de photos Negative de Chris Stein, un album de titres des Ramones choisis par Morrissey, le vinyle de « Space Oddity » de Bowie, etc…merci merci merci à tous). Tout le monde part dans tous les sens, on ne se dit pas au revoir ou à peine. Pudeur. Dans le taxi, je me rappelle mes inquiétudes concernant ma santé au moment où l’on m’a remis la liste des dates de la tournée. Un cinquantaine de concerts? La France au pas de charge dans tous les sens? Mon corps allait-il tenir après mon « Truc »? Et puis concert après concert, chaque date fut une véritable victoire. Je suis à la fois heureux d’y être parvenu et désorienté. Ah, on ne repart pas lundi? ?????

Etienne

https://www.youtube.com/watch?v=I9Ry-UOBWBo

Photos : 1- Photo Principale: Crédit Jean-François Augé, 2- Antoine Carlier, Etienne, Thomas Robin, Airport pour voyage à Brest, 3- David Omer (Assistant son façade) et Etienne, Soundcheck Brest, 4- Chinese François Poggio à la batterie, soundcheck Brest, 5- Stand Guitares François Poggio, 6- Yves Venet (Opérateur lumières) et Etienne, Bikini, Toulouse. 7- Philippe Entressangle et Etienne, soundcheck Toulouse, 8- Marc Desse et Etienne, Bikini, Toulouse, 9- Avec Hervé, propriétaire du Bikini, Toulouse, 10- Presse du matin, Toulouse, 11- Edith Fambuena, Tourbus, trajet pour Bordeaux, 12- Thomas Robin et Antoine Carlier, Tourbus, trajet pour Bordeaux, 13- Toxiques Francois, Marcello et Philippe, Bordeaux, 14- Etienne Soundcheck / Photo Jean-François Augé, 15- Fandor et Etienne, Backstage Bordeaux, 16- Avions, Avions, retards, retards…..Bordeaux Paris – Paris Rennes, 17- Vinvent Aerts (Lumières), catering, Rennes, 18- Franck Darcel (Republik) et Etienne, soundcheck Rennes, 19- Philippe Pascal et Etienne, backstage Rennes, 20- Philippe Pascal et Etienne, soundcheck Rennes. Répétitions de « Chelsea Girl », 21-Frank Darcel, Philippe Pascal et Etienne, backstage Rennes

Les Sables d’Olonne – Nîmes – Tarbes – Seignosse (9-11-12-13 décembre)

Avant dernière semaine. Avant de partir, je récupère le nouveau 45t vinyle de « Soleil de Minuit » pour les musiciens. J’aime beaucoup cette photo de Julien Mignot, faite pour la série de couverture du Metropolitan. Comme pour l’album live, l’artwork art déco est exécuté par Leslie David. Superbe, je suis très content. Nous arrivons sous un soleil très doux. Belle lumière qui fait du bien. Nous sommes à deux pas de la mer.
Je remplis mes poumons de ce bon air. J’en ai bien besoin, je suis inréveillable aujourd’hui. Totalement zombiesque, sensation de flotter dans l’espace. Le Théâtre des Atlantes est superbe. La vibe est bonne. Dès les premières notes, nous sommes portés par un public incroyablement chaleureux. Le concert est dément et semble trop court. Gros succès. L’ami de Damien Bertrand, Yannick, venu voir le show avec ses enfants, m’offre un très beau vinyle rouge de Morrissey. En rentrant à l’Hôtel, je tombe sur un documentaire passionnant sur Julian Assange, mais je suis épuisé et tombe dans un profond sommeil.

Dans la précipitation de mon départ, j’ai oublié ma carte d’identité à Paris. Je ne peux pas prendre l’avion pour rejoindre Nîmes, la prochaine étape. Je rentre donc à Paris en train et repars à Nîmes en train, ce qui me gâche un jour off, dont j’aurais bien eu besoin. Les musiciens me manquent. Je n’aime pas voyager sans eux. La salle de la Paloma est vraiment démente. Nevche assure la première partie et se taille un bon succès. Il me dédie sa superbe chanson « Marseille »
https://www.youtube.com/watch?v=osUR1n1k7_U.
Touché.
La salle est blindée et le public super chaud. Ca commence bien, puis je me rends compte que quelque chose ne tourne pas rond. Il y a des sautes de niveaux sur les instruments. Au bout de quatre chansons on me passe le message qu’il y a un bug sur la console de façade et qu’il faut l’éteindre et la rallumer. Je dois expliquer au public, hyper patient et gentil que l’on doit s’arrêter cinq minutes. Nous retournons backstage.
Je suis effondré. Après cette interruption, le show repart en trombe et tout se termine bien. Après le concert, je retrouve Serge Bergli qui a filmé le concert de 2001, « Le Tour de l ‘été sans fin », avec cette belle « Ouverture » si chère à mon coeur
https://vimeo.com/114617155
mais aussi une émission belge spéciale et rare, à l’époque de l’album Eden, avec la plupart des titres de l’album filmés. Il y aussi mon ami Bertand Fèvre, qui vient avec son jeune fils. Bertrand avait réalisé « Tant pis pour l’Idaho ». Il prend quelques photos et son fils filme 25 ans après son père, « Le grand sommeil » avec son téléphone portable. Le clip de Bertrand avait été très dérangeant et suggestif pour l’époque. Pudibonderie stupide.
https://vimeo.com/114616217
Bertand me rappelle que j’avais failli perdre un oeil pendant le tournage. Un des pompiers qui me lançait de l’eau avec une lance, me l’avait envoyé dans l’oeil. Nous avions du interrompre le tournage le temps que je retrouve la vue. L’artiste Lule photographie les musiciens sur un trampoline. Je me prête au jeu, mais je suis frustré d’avoir été trahi par la technique. Je suis perfectionniste et obsessionnel. Tout le monde me dit « Ce n’est pas grave, c’était bien, le public comprend ce genre de choses… » Je rentre à l’hôtel et malgré qu‘il soit superbe, ruminations, tranchage de veines. J’espère que le public merveilleux de Nîmes nous pardonnera.

Trajet Montpellier Tarbes en voiture. Une trotte. Le théâtre du Parvis. Superbe, mais comme c’est un public d’abonnés souvent âgés, qui ne laissent pas de places pour les fans, je suis un peu inquiet. Dès notre arrivée sur scène, les premiers rangs témoignent leur gêne, trop de lumières, trop fort, certains quittent le premier rang. Ouh là là…Ca va être sportif. Quelques kamikazes se lèvent pour danser. Et là, ça devient surréaliste. Le public assis râle, une jeune fille debout au premier rang se fait bousculer par un spectateur qui ne voit pas la scène. La fille l’envoie bouler, sa femme lui balance de l’eau. Mon sang ne fait qu’un tour. J’interviens et calme l’histoire. J’ai la rage. Je m’accroche et me donne à fond pour retourner la vibe et que ce show reste une fête, mais l’incident a calmé les plus téméraires. Je vais les chercher très loin et le concert devient subitement vraiment festif. Paradoxalement, nous avons à la fin une des ovations les plus chaudes de toute la tournée. Pari gagné, je suis content. Les retours sont bons. L’hôtel est superbe. Crash.

Bus avec les musiciens pour rejoindre Seignosse. La salle est top et juste en face de la mer. Avec une partie de l’équipe nous allons sur la plage profiter de la lumière et du bon air. Tout le monde y va de ses photos. Beau moment. Des aficionados amis m’offrent le dernier Bowie en vinyle et des friandises pour la route. Super cute. La salle est blindée. Public jeune et bien chaud. Deux heures de pur plaisir, de visages confiants, de corps qui ondulent. C’est sexy. J’aime chaque chanson du show. Je n’arrive pas à m’en lasser alors que nous jouons depuis le mois de juillet. Toujours la même émotion, le même plaisir. Je dois par contre éviter de plus en plus les regards coquins de François pour éviter tout départ de fou rire. Finir cette semaine avec un concert comme celui-ci nous met dans une belle euphorie. Cette semaine a été fatigante. Bus de retour. 12h de route. Super tape cul. Nous arrivons à Paris à 9h du mat fracassés. J’ai du mal à imaginer qu’il ne reste qu’une semaine. Je ne veux pas y penser.

Eienne

Photos : 1. Photo Jean-François Augé, 2. Faycal Hammi (Assistant Lumières) et Etienne, 3. Nevche et Etienne backstage Nîmes, 4. François, Etienne, Marcello et Mako, répétitions dans le bus, 5. Le réalisateur Bertrand Fèvre et Etienne, backstage Nîmes, 6. Sur scène, Nîmes , photo Bertand Fèvre, 7. Off à Nîmes, Philippe, Laurie, François, Alexis, 8. Alexis, Philippe, loge, Photo: Lule, 9. Mako, Alexis, loge, Photo Lule, 10. Mako, loge, Photo Lule, 11. François, Marcello, loge Photo Lule, 12. François, Etienne, loge Photo Lule, 13. Philippe, loge, Photo: Lule, 14. Philippe, Mako, François, Etienne, Alexis, Marcello, hôtel Rex à Tarbes, juste avant le départ pour Seignosse, 15. Mako, Etienne, on the road, 16. Stand guitares François Poggio, 17. Alexis, Seignosse, 18. Philippe, Laurie, Etienne, François, Marcello, Seignosse, 19. Philippe, Laurie, Etienne, Paula, Yossi, Françoois, Marcello, Seignosse, 20. Yossi, Seignosse, 21. Yossi, Paula, Seignosse, 22. Paula, Etienne, Seignosse, 23. François, Etienne, Seignosse, 24. Marcello, Seignosse, 25. Alexis, Marcello, Yossi, Paula, Philippe, Seignosse, 26. François (L’invitation cover remake) Seignosse, 27. Laurie, François, Seignosse, 28. Yossi; Marcello, Seignosse, 29. Laurie, Seignosse, 30. Jeremy et Etienne au stand merchandising, 31. A la demande générale, « Week end à Rome » en duo . Photo: Jack Torrance

Annemasse – Grenoble – Bourg-lès-Valence – Clermont-Ferrand (19-20-21-22 novembre)

L’album « Diskönoir » est arrivé chez moi ce matin et j’emporte des exemplaires pour les distribuer à toute l’équipe. L’arrivée d’un nouvel album est toujours un moment incroyablement magique auquel je ne m’habitue pas. La pochette est superbe, art déco, designée par Leslie David et la photo est de nouveau signée par mon ami Richard Dumas. Nous l’avons shootée au French House de Londres. Il y a comme le fantôme de Francis Bacon qui hante cette image. J’ai dans les mains le carnet ou je note mes idées de chansons. Si l’on regarde bien, il y a un détail très étrange. Je vous laisse trouver…. L’enregistrement a été fait le 5 juillet à La Cité de la musique. Notre tout premier concert après toutes mes péripéties. L’émotion et la tension de la première fois sont palpables. Très émouvant pour moi. Le son est net et précis. L’énergie et le tracklist sont sensiblement différents de ce que nous faisons aujourd’hui. Le concert enregistré à Londres et qui fera l’objet d’un film et d’un documentaire, diffusés sur Arte, sera identique aux concerts que nous donnons actuellement.

Semaine de quatre concerts d’affilée. La saloperie que j’ai attrapé à l’Olympia ne me lâche pas et me gêne toujours un peu. Premier show d’ouverture à Annemasse. Message de Debbie Harry avant de monter sur scène. Bon présage. Le public est beau, réceptif, friendly. Il ondule tout le temps et connait les paroles par coeur, même celles des nouvelles chansons. Au moment de chanter « Il ne dira pas » un garçon me sort la pochette de ce 45t en vinyle. Puis lorsque j’attaque « Week end à Rome », il sort une édition japonaise ultra rare de l’album « La Notte, La Notte »…Belle et cool soirée.

Nous traversons des paysages sublimes pour arriver à Grenoble. La salle a une acoustique fabuleuse et j’ai l’impression que nous y donnons l’un des meilleurs concerts de la tournée. Public hyper hot. Après le show nous nous retrouvons à l’hôtel pour boire des verres et évoquons l’aventure magique de la tournée du « Condamné à mort ». Jeanne me manque. Je l’appelle au réveil.
A midi, crêperie démente avec le groupe avant de prendre la route pour Bourg-lès-Valence.

Ambiance euphorique dans le bus, conduit par Scotti notre bus driver génial. Le théâtre de Bourg les Valence semble être au milieu de nulle part et ne laisse pas du tout présager que ce concert sera mémorable. Le public est phénoménal et nous fait un triomphe. Les fans qui m’attendent à la sortie sont au delà du sweet. Puis voiture avec mon ange gardien Alexis pour dormir à Vienne.

Ce matin, beau soleil d’un été indien sans fin. Voiture pour nous rendre à Clermont-Ferrand. Coopérative de Mai. J’adore cette salle. Dans les loges, tout une iconographie de Serge G. Pochettes d’albums et photos de lui dans ma loge. Lorsque l’on a bien connu les gens, il est toujours difficile de se confronter à la mythologie qu’ils suscitent. Edith nous rejoint pour jouer « Saudade » et Perez qui est de plus en plus envoutant sur scène, assure la première partie. Le public est encore hyper chaleureux. Concert puissant, fluide. Apothéose d’une semaine fantastique et petit nuage. Après le concert, nous nous retrouvons tous au bar de la salle pour célébrer cette belle semaine.

Etienne Daho

Photos : 1- Ce Photomaton, etc…Coopérative de Mai (Clermont Ferrand ) – Aftershow, 2-Hôtel room, 3-Rat pack à Grenoble, 4-Alexis-Marcello, 5-Philippe-Etienne, 6-Scotti notre driver, 7-Marcello lit la bonne chronique du concert de Grenoble « Daho, la volupté de la pop Française », 8-Philippe, 9-François lit Magic, 10-Mako-Marcello, 11-Route, 12-Damien Bertrand-Soundcheck, 13-Edith Fambuena-Soundcheck, 14-Perez et Etienne-Soundcheck, 15-Serge dans son bain, 16-Rue Serge Gainsbourg et dédicace de Charlotte, 17-Mickaël Tolliver (Les chroniques de San Francisco)

Marseille-Cannes-Sainte Maxime (13-14-15 novembre)

Mon âme soeur Elli pour la vie m’a envoyé un sms qui va devenir mon mantra quotidien « Profite d’être toi ». Et à chaque seconde je réalise combien il est cool d’être moi, d’être vivant, de faire ce que j’aime, de recevoir tout cet amour tout le temps et d’en profiter consciemment.
Les jours qui ont suivi ces Olympias ont été assez pénibles. Grosse descente, car le méchant virus que l’on m’a salopement refilé est devenu bronchite et otite. Je garde le lit, exsangue.

Départ pour Marseille. Je suis encore faiblard mais trop excité de recommencer. Le Silo est une salle sublime, qui me rappelle un peu Pleyel dans son architecture. Edith nous rejoint. Sa mère et son frère sont là. Les gars du groupe Aline ont aimé le show de Bruxelles et veulent revenir.
J’adore jouer à Marseille. Toujours d’excellents souvenirs. Je stresse en peu, car je sais que ma voix n’est pas complètement là. Je tousse et me mouche abondamment, ni vu ni connu entre les chansons. Le public est archi hot, nous sommes transportés. Thierry Suc qui est là ce soir, me dit qu’il n’a jamais vu un public aussi enthousiaste à Marseille. Je suis heureux.

La presse du matin est super bonne. Dans le bus qui nous amène à Cannes, nous nous passons tous le journal. La date de Cannes était la plus redoutée de la tournée, car contrairement aux autres villes complètes, les locations étaient assez faibles. Pourtant ce soir, le palais des festivals est plein à craquer. L’acoustique est vraiment parfaite et nous donnons un concert ou nous nous faisons vraiment plaisir. Le public assez sage au début, se lève peu à peu et nous fait un triomphe. Insomniaque depuis le début de la tournée, je fais enfin ma première vraie nuit. Bonne presse encore qui arrive avec le plateau du petit dej. Mako m’a offert le premier album de The Impressions, le groupe de Curtis Mayfield, en vinyle. Je ne l’avais pas.

Il y a de sérieuses intempéries. Sur le trajet qui nous amène à Ste Maxime, nous sommes surpris de voir des surfeurs sur la côté cannoise. La salle de Ste Maxime est assez petite, mais l’acoustique y est parfaite. Il règne presque une ambiance vacances. Nous donnons un des meilleurs shows de la tournée. Je me sens complètement rétabli, ce qui est hyper cool pour faire ce show très physique. Le public est très mélangé. Des dizaines de petites filles sont là, devant la scène, chantent quelques chansons par coeur et me réclament « Week end à Rome ». Je n’en reviens pas. Rencontre avec des aficionados très sweet et retour Paris. 13 heures de bus. La belle aventure se poursuit.

Etienne

Photos : 1 – Crédit : Valérie Vrel, 2 – Presse Marseille, 3 – Hôtel room Marseille, 4 – Soundcheck Alexis, 5 – Soundcheck Marcello, 6 – Soundcheck Philippe, 7 – Hôtel room Cannes, 8 – Presse Cannes, 9 – Bus trip Alexis-Etienne, 10 – Bus trip Philippe-François, 11 – Bus trip Mako-Alexis, 12 – Bus trip Etienne-Marcello, 13 – Bus trip Mako-Etienne, 14 – Bus team Yossi-Mako-Etienne-Marcello-Alexis-François, 15 – The Impressions

Paris – Olympia (3 au 6 novembre)

C’est à l’âge de 8 ans que je suis allé pour la première fois à l’Olympia. Ma tante Sonia, qui sera là le premier et dernier soir, m’y avait amené en matinée voir Petula Clark en 1965. Ma première salle parisienne fut aussi l’Olympia en 1985. Depuis, malgré les pressions diverses et variées, je choisis toujours d’y revenir. C’est en quelque sorte « chez moi ». S’y installer et poser nos valises pendant ces quatre soirs est un bonheur géant. Les trois jeunes femmes new yorkaises de Au Revoir Simone , dont le plus grand fan est David Lynch, complètent harmonieusement l’affiche. Tous les soirs en ouverture du show, avec leur musique hypnotique et barrée, elles charment leur monde. Comme sur la version album, elles viendront nous rejoindre tous les soirs pour chanter « Les Chansons de l’Innocence » en version disco kitsch. Pour les rappels, je change ma tenue de curé et enfile une veste Presley glam en fil d’or créée par Hedi S. Deux autres invités amis, le dernier soir, comme à la Cité de la Musique, Edith Fambuena (Saudade) et Jean-Louis Piérot (La Peau Dure). Le premier soir est électrique. Nous aurons quelques soucis de son qui seront réglés dès le deuxième soir. Le public s’est beaucoup rajeuni depuis la dernière tournée et beaucoup me voient pour la première fois. Les soirées vont crescendo. Le public me fait un accueil démentiel. Tous les soirs ce plaisir fou avec peut être un petit pic le 5. Le 6, cauchemar, je me réveille avec une angine carabinée. Plus un son et la sensation d’avoir des lames de rasoir dans la gorge. Je vis avec le spectre des annulations de l’année dernière et l’idée de devoir annuler un show me met dans une panique intégrale. Panique jusqu’à 18h ou on me fait un shoot de cortisone qui me fera chanter, sans que personne ne s’ aperçoive de rien. J’ai affreusement mal, mais dès que je mets le pied sur scène, j’oublie tout, je ne souffre plus. Je me laisse porter par la chaleur précieuse de ce public incroyablement enthousiaste.

En général, j’arrive à l’Olympia à 16h. Soundcheck avec les musiciens, puis je chauffe ma voix, je fais des étirements, je dine léger et je me prépare lentement. A 20h, je vais présenter Au Revoir Simone et je reviens m’habiller dans ma loge en attendant fébrilement le moment de rentrer sur scène. On entend le public gronder, embrassades avec le groupe, on se souhaite un bon show, puis c’est parti pour deux heures de pop songs enchainées en trombe dans des salles blindées. Après le show, nos familles, amis et médias, viennent nous saluer. C’est à la fois hyper fatiguant, car nous sommes vidés et affamés, mais aussi hyper bon. C’est probablement quelqu’un qui m’a serré la main ou léché le museau qui m’a refilé cette angine archi salope. Les risques du métier.

Ces nouvelles Olympiades ont été de sublimes moments d’euphorie. Inoubliables. Toute l’équipe s’est surpassée. Je n’ai quasiment pas fermé l’oeil de la semaine. La pleine lune, il parait. J’ai la sensation avec cette tournée et cet album, que je vis un chapitre nouveau. Beaucoup d’enthousiasme de la part de tout le monde. Beaucoup veulent revenir. La sensation d’être redécouvert en quelque sorte. Beaucoup de gens nouveau et aussi des amis du passé qui réapparaissent.

J’ai quelques jours off vont me permettre de me soigner et d’attaquer la seconde partie de tournée dont le rythme et le routing sont assez sauvages. Très hâte de retrouver mes frangins et ce bon vieux bus.

Etienne

 


 

Crédits photo : 1. Marie Paluskiewicz 2 à 5. Collection personnelle 6. Pierre René Worms 7. Philippe de Poulpiquet 8. Natacha Joveneau

Liège – Bruxelles (30-31 octobre)

Petite descente après l’euphorie londonienne. Hâte de reprendre le tour. Nous partons à Liège en train. A notre arrivée à Liège, nous sommes accueillis par une vingtaine de personnes qui nous attend déjà. Comment connaissaient-ils l’heure de mon arrivée, le numéro de la voiture ? Mystère !!!!!!
Le théâtre de Liège est superbe. Ce soir et demain soir, c’est Perez qui ouvre le show. J’adore sa nouvelle chanson «Une autre fois».

Je l’observe des backstages pendant qu’il joue, avec la conviction qu’il va devenir grand.
Nous montons enfin sur scène. Le public est chaud. Plaisir pur. A la sortie, nous sommes encerclés par environ cent cinquante personnes qui me font une haie d’honneur et m’applaudissent. Une sortie mémorable. Je n’en reviens pas. Emotion. Puis voiture jusqu’à Bruxelles où je dors ce soir. Je suis mort de faim et épuisé en arrivant, mais impossible de trouver le sommeil. J’aurais du ressortir.

Après avoir dormi 14 secondes, je pars à la salle à 15h, car je dois faire une ITW pour la télé. La salle du Cirque Royal est une vraie merveille. A la balance, chose rarissime, le son est parfait, ce qui me rassure pour ce soir. J’essaie de me reposer avant le show, car je suis explosé.
Nous avons récupéré un tourbus pour la journée. Je m’aperçois à de menus détails qu’il s’agit du tourbus de Marianne Faithfull, ce que me confirme le chauffeur. Etrange, non? Je m’allonge mais ne réussis pas à m’assoupir. L’heure du show arrive enfin, avec l’agréable sensation que ça va être bien. Le concert est fantastique. Osmose entre le public chaud bouillant et nous. Son impeccable pour nous. A l’after show je suis rejoint par des amis, mais aussi, j’ai la surprise de voir François Marry et Les Atlas Mountains, dont j’adore «La fille aux cheveux de soie», leur nouvelle chanson clippée par Antoine Carlier.

Il y a aussi le groupe Aline, qui vient de finir leur album produit par Stephen Street (The Smiths, New Order, Morrissey, Blur…). Retour en bus où je fais découvrir au groupe l’album de Moodoïd. Cette chanson est démente.

Nous arrivons à Paris à quatre du. Fracassés. Juste deux jours avant cette folle semaine à l’Olympia.

Photo d’ouverture : Emile Destiné.
Autres crédits photo : Anaïs Callens et Jack Saunders.

Londres (23 octobre)

*A lire en écoutant « Give my love to London » de Marianne Faithfull


Avant de partir, j’écoute les mixes de « Diskönoir », le live enregistré cet été à la Cité de la musique. Vraiment bien, sachant que ce concert était le premier que nous faisions depuis des lustres. Nous avons déjà ce son de groupe, très compact. Ma voix est souvent très rauque, mais il y a une bonne énergie et une pure émotion. A ce moment là je me demandais encore si je serais capable physiquement de remonter sur scène. La pochette dont la photo a été prise au French House de Londres par Richard Dumas est sublime. J’ai dans les mains ce petit carnet sur lequel je prenais des notes pour écrire les textes du dernier album. Si on regarde attentivement l’image, il y a un détail très étrange, une présence. Francis es-tu là ? L’artwork de Leslie David est magnifique, très art déco.

Je pars la veille pour une promo locale et pour accompagner la sortie de l’album. En prenant le train, beaucoup de bons petits signaux….. Je fais la couverture du journal de l’Eurostar et il y a franchement mieux pour passer inaperçu. Sous ma photo le titre « You need to be profoundly frivolous ». Yes maaa!!!!!!

Le jour J, j’essaie de rester calme toute la journée, même si je suis rongé par le trac. Le concert est sold out. Je pense à adapter notre show à Londres ou les concerts sont plus courts, mais finalement je ne change rien, car j’aimerais immortaliser les chansons du dernier album et aussi l’exhumation de ma petite chérie « Il ne dira pas ».
Ce concert dont le titre est « LondonDaho » est filmé par Antoine Carlier et enregistré pour une diffusion sur Arte. Cela se rajoute à mon trac, car le soundcheck est assez difficile et je ne m’entends pas suffisamment pour bien chanter.
Je ne sais pas quelle langue choisir pour communiquer pendant le concert. Même s’il y aura une grande majorité de français, j’opte tout de même pour l’anglais. Je prépare tout un tas de choses à dire, que je ne dirai finalement pas. Je ne le sens pas. Je dirai finalement des idioties du style « La dernière fois que je suis venu chanter à Londres j’étais encore un très jeune homme….J’avais 45 ans. Ah ah so funny, hein? Je dédie « Les torrents défendus » à William Burroughs et « Des heures hindoues » à Francis Bacon.

La salle est absolument sublime. Anciennement appelée le Camden Palace, je la connais bien pour avoir vu un tas de concerts mythiques et aussi pour y avoir fait des fêtes délirantes. Plus une place. Le public est hyper chaud et le concert vraiment mortel, passe en un éclair. Dès les premiers coups de cymbales, c’est parti, même s’il me faut trois morceaux pour me chauffer et oublier les caméras. Je suis porté par le public et par les musiciens. Je les regarde pendant le show. J’adore ces mecs. Nous sommes étrangement soudés par un lien très fort.

Après le show fête chez mon ami Jérôme Pijon au restaurant « Oui madame », qui crée pour l’occasion un cocktail « L’innocent Daho » qui arrache violemment la tête. Puis toboggan au club La Culotte, qui porte vraiment bien son nom. DJ set ambiance disco club 54. Je m’endors aux petites heures du jour… Pendant tout le séjour j’ai en tête la chanson du denier album de Marianne « Give my love to London ». « Dance by the lights of the moon, boys, dance by the lights of the moon »

Retour à Paris, peu dormi mais sur un nuage. Etienne

Photo 1. Give My Love To London
Photo 2 et 3. Préparation avec François Poggio
Photo 4. Dressing Room
Photo 5. Poster London Show
Photo 6. L’innocent Daho ou le Diable vert? mmmmm….
Photo 7. Au club La Culotte avec mon amie Jehnny Beth des Savages.

 

Caen – Rueil Malmaison – Luxembourg (15-16-17 octobre)

La salle de Caen, le Cargo est vraiment géniale. L’acoustique et l’accueil sont parfaits.
Ce soir nous donnons un show compact devant un public qui nous porte haut. Retour dans ce théâtre que j’adore à Rueil. Contrairement à nos attentes, le public, rajeuni depuis mon dernier passage ici, se lève dès les premières chansons et le show devient magique, très festif. Puis longue nuit de bus pour aller au Luxembourg. Je fais mon petit Dj set disco soul. Ça a secoué dans le bus toute la nuit. Très mal dormi, gorge irritée par les concerts qui s’enchaînent et la clim, inévitable partout. La Rockhal à Luxembourg est construite dans un complexe d’usines rénovées et c’est esthétiquement sublime. La salle est bourrée, public très rock. Le show est électrique et nous nous donnons à fond. Gros succès. Cela nous console un peu de l’annulation de la Laiterie à Strasbourg. J’adore le groupe, l’équipe. La tournée la plus heureuse depuis mes débuts. Célébration, bus de nuit et arrivée à Paris à 6 heures du mat. Pas dormi. Zombie intégral. Repos avant Londres.

Etienne

Photos backstage au Cargo de Caen/ Photos: Alexis et François.

Nancy – Thionville – Sausheim (9-10-11 octobre)

Semaine de quatre concerts, assez intense. La salle Poirel de Nancy est absolument sublime, mais impossible à sonoriser correctement. Tout est archi fort. Nous nous battons tous contre cette acoustique rebelle, heureusement portés par un public dément qui m’offre la plus belle et longue ovation et ce, seulement après la deuxième chanson. Frisson. Thionville. Bonne acoustique, nous retrouvons nos marques. J’ai un peu perdu ma voix hier tant j’ai du forcer, mais après deux chansons, le plaisir pur et ma voix reviennent. Le public est attentif pendant la première partie du show qui présente le nouvel album et des titres un peu obscurs, puis se lève à partir de Boomerang pour ne plus se rasseoir. Belle soirée et public hyper chaud. Nous célébrons ce concert dans le bus qui nous ramène à l’hôtel à Metz. J’apprends que la salle de la Laiterie de Strasbourg est en travaux car le plafond s’effondre et qu’ils annulent tous les concerts, dont le notre. C’est la déprime, d’autant qu’avec la tournée marathon que nous faisons, les dates que nous leur proposons pour revenir jouer, ne leur conviennent pas. C’est minant.
Dernier soir de la semaine à Sausheim et apothéose. Le public est juste fantastique. Retour en bus, 7 heures de route. arrivée à Paris à 6 heures du mat. Nous sommes exténués, mais heureux.

Etienne

ps: Photos avant de monter sur scène et dans mon dressing room avec le T shirt Ferrari acheté à Pise et qui fait des envieux.
Photos: Alexis Augustin, Laurie Holzer, François Poggio

Meaux (7 octobre)

Après la folie furieuse du nord, nous nous retrouvons dans ce joli petit théâtre de Meaux. L’acoustique pendant la balance est vraiment difficile. Emmanuelle notre ingénieur du son de scène est de retour et fait des miracles. Le public assez timide au début, se lève sur «Saudade» pour ne plus se rasseoir et la salle se transforme en véritable disco. Mako m’a offert l’album de Smokey Robinson «Quiet Storm» en vinyle. Alexis, notre clavier, ressemble à Smokey, c’est confondant.
Etienne

 

Châlons- Lille- Bethune (2-3-4 octobre)

Avec ces trois dates enchaînées nous avons vraiment l’impression de rentrer véritablement dans la tournée et de trouver nos marques. La première date a été annulée deux fois, donc j’ai une petite appréhension qu’il y ait un empêchement de dernière minute, mais le show est nickel et le public dément, vraiment à fond avec nous. Le concert de Lille se passe dans un théâtre sublime, là où j’ai joué pour la première fois dans cette ville. Le théâtre Sébastopol. Tout de suite pendant les balances, la sensation que le show va être intense et particulier. Ariel Koenig ouvre en première partie devant un public chaleureux. Puis c’est la folie pendant une heure quarante cinq. Edith Fambuena nous fait une visite surprise et nous rejoint sur scène. Ce concert restera longtemps dans nos mémoires. Bethune le lendemain dans un magnifique théâtre. Très bon souvenir d’y être déjà venu lors du Kaleidoscope Tour à l’époque de Eden. Nous sommes portés par un public incroyablement attentif aux nouvelles chansons et hyper réactif aux standards. Des sourires, des mots d’amitié, le bus est cerné au moment du départ. Emouvant.
Etienne

Chalonstourbus

Avant de monter sur scène à Chalons. Mako, Alexis, Etienne, François, Marcello, Philippe.
Photo: Laurie Holzer

 

Gap (27 septembre)

Deuxième concert à Gap. Nous traversons la France aller et retour. 11 heures de bus. La région est sublime, ciel et soleil d’été. La salle est pleine, il fait chaud, je renonce a mettre mon col de prêtre. Nous essayons une nouvelle setlist. Peaufiner sans cesse. Le public est avec nous, l’ambiance festive, nous sommes en nage. Beau concert pour nous tous. A la sortie une avalanche de mots doux, de sourires. Retour Paris. Je fais DJ set dans le bus. Etienne

Velizy Villacoublay (25 septembre)

Première hier soir, enfin. Les Visconti cartonnent en première partie.

Malgré l’impatience, le trac et les petits aléas de première que les musiciens et moi sommes les seuls à ressentir, nous sommes portés par un plaisir pur, prêts pour la suite.
Etienne

velizy

L’avant Diskönoir Tour

13 septembre :

Difficile de choisir les chansons définitives pour le show. Nous en essayons plein avec des ordres différents pour trouver le bon équilibre entre nouvel album et albums précédents. Voici une de mes tentatives d’ordre. Pas encore ça. Etienne

titresdiskonoir

Première journée de répétition pour Etienne Daho et les musiciens

Cité de la Musique – Pleyel – Festivals (juillet 2014)

Merci à vous de nous avoir portés pendant cette première salve de concerts parisiens et ces quelques festivals, déjà gravés dans nos mémoires à jamais.
François Poggio, Aléxis Anérilles, Marcello Giuliani, Etienne Daho, Philippe Entressangle, Mako

festivals