Satori a écrit un magnifique compte rendu du concert de samedi dernier au Vinci à Tours.

Je vous laisse en compagnie de ses mots, merci Satori.

« À N.

« J’ai gardé cette photo sur moi, ce photomaton que t’aimais pas »

« Je est un autre » écrivait Rimbaud. Etienne Daho, lui, se demande si l’homme qui marche devant lui est bien soi. Et moi ? Émoi. Je me laisse bercer d’illusions, perdu dans l’espace-temps. Un espace qui n’est pas sans lien avec l’hôte de ce site (Les initiés comprendront). Un temps où nous étions dans la fosse comme je l’entends dire de ma voisine. « Aujourd’hui, nous aimons notre petit confort » lui réponds-je, encore que les sièges du Vinci fassent un peu classe éco, particulièrement indiqués pour se tenir…debout, mais ça, c’est pour bientôt.

Oui, Giovanni, je suis loin de la scène. Je me suis décidé tard. J’y vais, j’y vais pas ? Il y a 7 ans, cela avait déjà été un concert particulièrement émouvant (L’invitation, les cordes, Nantes…) voire éprouvant par la suite. Les chansons d’Etienne Daho, de l’innocence retrouvée (…) sont de véritables ascenseurs émotionnels. Du firmament à l’enfer (enfin), il n’y a parfois que les quelques minutes qui séparent une chanson de  l’autre. Ce samedi soir, à Tours, mieux valait ne pas rater l’embarquement pour le grand 8 que fut ce concert.

Les guitares héraut et comparses déboulent tel un groupe débutant dans une arène déjà quelque peu excitée. Amusant alors que la moyenne d’âge ne le laissait pas augurer. Et c’est parti ! Pour 2 minutes, ah non, 2 heures ?! Je n’ai rien vu, je n’ai rien entendu (si ce n’est que la sono n’était pas à la hauteur selon moi). Diskönoir. Ok, il n’y a pas tromperie. Ça danse rapidement, dès « Des attractions désastres », la salle est debout. Ça joue fort (Soleil de minuit), ça chante, ça hurle en retour : « Et mon humeur est down, down, down ». Ca pulsionnel quoi. Moi, ça. Surmoi ? Ce soir, on s’en fout ! On vit. Nous n’attendrons pas d’être tombés pour… Nous nous voulons légers, légers, du plaisir ! Quelle chanson qu’En surface ! Toutes y passent, revues, corrigées, torturées, ces chansons du premier jour du reste de nos vies sont un jardin des délices.

Merci, Étienne pour cette parenthèse, ces quelques mots avec la salle, ce rappel a cappella surprenant, ce baiser échangé à travers une vitre, cette presque rencontre (mais qu’aurais-je fait, dis après tout). Et te voilà reparti vers d’autres villes pour quelques dates encore. Bienheureux les gens de Montceau-les-Mines.

Je salue mes voisins de Fontainebleau, s’ils me lisent. Qu’ils soient bien rentrés. Peut-être dans le silence comme moi. Car, si le silence qui suit du Mozart est encore du Mozart, l’émotion qui suit du Daho m’est intérieure.

À bientôt. La, la , la, la…

Satori »